Bornéo : un voyage entre jungle primaire, orangs-outans et fonds marins spectaculaires

borneo

Troisième plus grande île du monde, Bornéo se partage entre trois pays : la Malaisie au nord (États de Sabah et Sarawak), l’Indonésie au centre et au sud (Kalimantan), et le petit sultanat de Brunei. C’est la partie malaisienne, la plus accessible et la mieux organisée pour les voyageurs, qui concentre l’essentiel des incontournables : forêt tropicale parmi les plus anciennes du monde, faune endémique rare et sites de plongée réputés.

Pourquoi Bornéo mérite une place sur la liste des prochains voyages

Difficile de trouver ailleurs une telle densité de expériences nature en un seul séjour : rencontre avec les orangs-outans en semi-liberté, ascension d’un sommet mythique, nuits en lodge au cœur de la jungle et plongée parmi les tortues et les bancs de barracudas. Le tout dans un archipel malais mêlant cultures dayak, chinoise et malaise, loin de la cohue touristique de la péninsule.

Sabah ou Sarawak : deux visages de la même île

Les deux États maylaisiens offrent des ambiances différentes. Sabah, plus développé touristiquement, met en avant ses grands sites nature (mont Kinabalu, rivière Kinabatangan, île de Sipadan) et se prête bien à un circuit organisé autour de trois aéroports (Kota Kinabalu, Sandakan, Tawau) reliés par de nombreux vols intérieurs. Sarawak, avec Kuching pour porte d’entrée, séduit par une atmosphère plus authentique, des parcs nationaux facilement accessibles et une identité culturelle dayak très présente.

Les incontournables à ne pas manquer

Le centre de réhabilitation des orangs-outans de Sepilok

orangs outans bonréo

À une vingtaine de kilomètres de Sandakan, en lisière de la réserve forestière de Kabili-Sepilok, ce centre recueille depuis plus de soixante ans les orangs-outans orphelins, blessés ou récupérés de captivité pour les réintroduire progressivement dans la jungle environnante. Les plus jeunes passent d’abord par la « nurserie », où ils apprennent les gestes essentiels à la survie (construction d’un nid, recherche de nourriture), avant de gagner une liberté croissante à mesure qu’ils grandissent.

Deux séances de nourrissage rythment la journée, généralement autour de 10 h et de 15 h, sur des plateformes reliées au centre de visiteurs par des passerelles en bois. Une bonne partie des pensionnaires vivant déjà en semi-liberté dans la réserve, leur venue sur les plateformes dépend de leur appétit du jour : mieux vaut arriver une trentaine de minutes avant l’heure annoncée et ne pas s’attendre à un spectacle garanti à 100 %, ce qui fait justement tout le charme de l’endroit. Le billet d’entrée reste valable pour les deux nourrissages de la journée, ce qui permet de revenir l’après-midi sans repayer. À proximité immédiate, le Bornean Sun Bear Conservation Centre se visite en complément, pour découvrir le plus petit ours du monde dans un même esprit de sensibilisation à la conservation.

La rivière Kinabatangan

Plus long fleuve du Sabah, le Kinabatangan serpente à travers l’une des dernières grandes forêts riveraines de Bornéo, entre les secteurs de Sukau et de Bilit. Une croisière sur ce cours d’eau permet d’apercevoir éléphants pygmées, singes nasiques reconnaissables à leur long nez, calaos au vol bruyant et crocodiles tapis sur les berges.

Les connaisseurs du secteur recommandent de dépasser l’excursion à la journée, souvent décevante faute de temps : deux nuits dans un éco-lodge en bord de rivière offrent une immersion bien plus riche. Les sorties en barque silencieuse à l’aube et à la tombée de la nuit restent les moments les plus propices à l’observation, lorsque la faune vient s’abreuver ou se déplacer le long des rives avant la chaleur du jour ou après elle. Beaucoup de voyageurs enchaînent d’ailleurs Sepilok et le Kinabatangan sur un même circuit, les deux sites n’étant distants que d’une heure ou deux de route.

Le mont Kinabalu

le mont kinabalu

Point culminant de Bornéo à plus de 4 000 mètres, ce sommet classé au patrimoine mondial de l’UNESCO attire chaque année des trekkeurs venus admirer une flore alpine unique, entre forêt tropicale dense en contrebas et paysages presque lunaires de granit à l’approche du sommet.

L’ascension ne se fait pas sur un coup de tête : un permis délivré par Sabah Parks est obligatoire, en nombre limité par jour, tout comme l’accompagnement par un guide agréé et la réservation d’une nuit en refuge d’altitude (Laban Rata pour l’itinéraire classique). Le format standard se déroule sur deux jours et une nuit : montée jusqu’au refuge le premier jour, puis départ très matinal (autour de 2h30) le lendemain pour atteindre le sommet avant le lever du soleil et redescendre dans la foulée. Un format en trois jours existe aussi, pour une meilleure acclimatation. Vu la demande, il est conseillé de réserver plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance, notamment en haute saison. La saison sèche, de mars à avril, offre généralement les meilleures chances de vue dégagée au sommet, mais il reste possible de visiter le parc et ses environs, notamment les sources chaudes de Poring, sans se lancer dans l’ascension.

Les grottes de Gunung Mulu

Direction Sarawak, à la frontière du Brunei, pour explorer les pinacles calcaires du parc national de Gunung Mulu et son réseau de grottes parmi les plus impressionnants du monde. Deer Cave, avec son immense couloir souterrain, abrite plusieurs millions de chauves-souris dont l’envol groupé en fin d’après-midi, en direction de la forêt pour se nourrir d’insectes, constitue l’un des spectacles naturels les plus marquants du parc. À proximité, Clearwater Cave impressionne par sa rivière souterraine cristalline, accessible après une balade en pirogue sur la rivière Melinau.

Particularité du site : aucune route ne mène à Gunung Mulu, afin de préserver l’intégrité écologique du parc. L’accès se fait presque exclusivement par avion, avec des liaisons régulières depuis Miri (environ 30 minutes de vol), ou plus rarement par un long trajet combinant route et bateau depuis Marudi. Cet isolement explique la fréquentation modérée du site comparée à d’autres attractions de Bornéo, et justifie de prévoir un budget un peu plus généreux pour cette étape.

Kuching et le parc national de Bako

kuching

La capitale du Sarawak se visite à taille humaine, avec ses quais bordés de bâtiments colorés en bord de rivière Sarawak, son marché animé et une atmosphère jugée par beaucoup de voyageurs plus authentique que celle de Kota Kinabalu, moins soumise à la pression touristique de masse.

À moins d’une heure de route puis une courte traversée en bateau, le parc national de Bako concentre mangroves, plages sauvages et formations rocheuses érodées par la mer, sur un espace pourtant modeste. La faune s’y observe facilement en liberté, notamment des macaques à longue queue et, avec un peu de patience, des singes nasiques endémiques de Bornéo. C’est l’un des parcs les plus simples d’accès du Sarawak, ce qui en fait une bonne étape pour une excursion à la journée depuis Kuching, sans nécessiter de logistique complexe.

Sipadan, Mabul et Kapalai : le paradis des plongeurs

plongée à sipadan

Au sud-est du Sabah, au large du petit port de Semporna, ce trio d’îles compte parmi les meilleurs spots de plongée d’Asie. Sipadan en particulier, explorée en son temps par le commandant Cousteau, est réputée pour ses tombants vertigineux, ses bancs de barracudas tournoyants, ses tortues omniprésentes et une densité de vie marine rarement égalée dans la région.

L’accès à Sipadan est strictement réglementé : un quota journalier fixé par Sabah Parks (autour de 176 permis) est réparti entre les centres de plongée agréés, basés principalement à Mabul, Kapalai et Semporna. Aucun permis ne s’achète sur place, et la plupart des opérateurs réservent leurs places aux clients séjournant plusieurs nuits, avec un forfait plongée incluant plusieurs jours sur les sites voisins avant, éventuellement, une rotation vers Sipadan elle-même. Mieux vaut donc réserver son séjour longtemps à l’avance et prévoir un minimum de trois à cinq nuits pour maximiser les chances d’obtenir un accès à l’île. Mabul et Kapalai, où logent la plupart des plongeurs, se prêtent aussi bien à la plongée qu’à la macro-photographie sous-marine, avec des séjours en écolodge posés sur une eau turquoise et un accès facile depuis l’aéroport de Tawau.

Comment organiser le séjour

Se rendre à Bornéo

Deux aéroports internationaux desservent la partie malaisienne : Kota Kinabalu au Sabah et Kuching au Sarawak, tous deux reliés à Kuala Lumpur et Singapour, ainsi qu’à plusieurs villes d’Asie de l’Est. Les liaisons intérieures entre les principales villes du Sabah (Kota Kinabalu, Sandakan, Tawau) sont fréquentes et souvent plus rapides que la route.

Quand partir

La meilleure période se situe entre mai et septembre, en dehors de la mousson, pour profiter pleinement des activités en extérieur et des sorties en mer.

MoisClimatBon à savoir
Janvier24-32°C, pluies fréquentesPic de la mousson, mer agitée côté Sarawak/ouest Sabah
Février24-32°C, pluies en baisseDébut de la meilleure fenêtre pour Sabah et Kota Kinabalu
Mars24-33°C, saison sèche à SabahBonne période pour l’ascension du Kinabalu (ciel dégagé)
Avril24-33°C, sec à Sabah, plus humide à MuluEncore favorable, sauf pour Gunung Mulu
Mai25-33°C, saison sèche qui s’installeBonne visibilité pour la plongée à Sipadan/Mabul
Juin25-33°C, sec côté SarawakPériode la plus sèche à Kuching et dans l’intérieur du Sarawak
Juillet25-33°C, sec côté SarawakIdem juin, bon mois toutes régions confondues
Août25-33°C, encore secDernier mois de la saison sèche à Sabah
Septembre25-32°C, retour des pluies au SarawakSabah encore correct, Sarawak commence à se dégrader
Octobre24-32°C, pluies en hausseBasse saison qui débute, tarifs plus intéressants
Novembre24-32°C, pluies importantesSipadan fermée tout le mois pour repos écologique du site
Décembre24-32°C, pic de moussonForte affluence malgré la pluie (vacances de fin d’année)

Combien de temps prévoir

Compter une dizaine de jours pour se concentrer sur un seul État (Sabah ou Sarawak), et idéalement deux à trois semaines pour combiner les deux et intégrer la plongée à Sipadan sans se presser.

L’essentiel à retenir avant de partir

Bornéo n’est pas une destination à cocher rapidement entre deux étapes d’un tour d’Asie : c’est une île qui se mérite, où les meilleurs souvenirs naissent souvent du temps pris pour observer, écouter la jungle la nuit ou attendre patiemment le passage d’un orang-outan. Un itinéraire qui laisse de la place à l’imprévu reste la meilleure formule pour repartir conquis.